BRU Georges “la bonne-espagnole”

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Description

« Georges Bru, né à Fumel, dans le Lot-et-Garonne, en 1933, émigré à Toulon depuis trois décennies, notre imaginaire se retrouve sans cesse titillé par la façon inédite qu’il a de transposer une réalité floue, transcendée, dans l’espace restreint de papiers ordinaires qui – tout compte fait – ne lui en demandaient peut-être pas tant. Bru s’est appliqué.

A contre-courant des us et coutumes des arts de son temps, en explorateur infatigable de l’insondable qui gît sous le chapeau de l’individu ; foisonnement des audaces graphiques et plastiques, matiéristes aussi, une vie de remises en questions constantes sur le métier de la patience.

Un dessin de Bru se mérite. Tant il recèle des milliers de points crayonnés libérateurs d’énergies, de tensions, de voluptés, d’histoires sans fin.

A ses débuts, Bru taquinait une espèce de surréalisme lointainement hérité de Bellmer, proche parent peut-être de Rebeyrolle. Une parenté élective. Un goût pour l’étrange peu ou prou morbide, incendiaire sous ses formes gestuelles, renfermées. Puis, l’écriture s’est simplifiée. En apparence.

Des êtres, des portraits bien plus identifiables, ont surgi de la pointe de ses crayons et pastels. Reconnaissables à première vue… Quand bien même leur étrangeté ne faisait en réalité que croître, en raison d’une identité, à l’autopsie, moins évidente que prévu.

L’univers impalpable du rêve, mais d’un rêve à relents d’inquiétude, de mystère, de poésie, peuple plus sûrement son cheminement en quête de sens à la vie. Les titres de ses dessins ne sont d’ailleurs pas essentiels à leur perception.

Ce qui fascine et émeut, c’est leur réalisation au départ de presque rien : un personnage au bâton, deux frères, une jeune femme bien coiffée… Bardé de tels éléments, en soi anodins, Bru nous immerge dans un monde, le sien, où tout devient étrange, capiteux, insondable, merveilleux.

Il faut voir de près ses petits portraits. Quelle générosité dans le doigté, quelle finesse dans le rendu, et cette magie de la profondeur ! C’est beau comme du Primitif et accaparant d’actualité avec ces regards emplis d’infini, d’interrogation éperdue, d’incommunicabilité quand deux êtres se font pourtant face. Hors du temps, l’art de Bru semble éternel.

Et, bien sûr, universel. Portrait d’humains trop humains, il va au-delà de l’humain, de l’animal, du monde visible. »

Roger Pierre Turine

 

Additional information

Dimensions 73.66 × 53.34 cm
Année

Antérieur à 1976

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